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Pour écrire un seul vers - Rilke - Marie-Louise Russo-Delattre

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Pour écrire un seul vers – Rilke

Pour écrire un seul vers – Rilke

Aujourd’hui, en effectuant des recherches pour la structure de mon futur recueil de poèmes, j’ai retrouvé un texte magistral du poète autrichien Rainer Maria Rilke, extrait de ses « Cahiers de Malte Laurids Brigge, 1910 » Lire l’ouvrage (Kindle gratuit) Et j’ai, une fois de plus, ressenti la même émotion…

 

Vous connaissez sans aucun doute cette sensation si douce d’une chose qui, sans que nous sachions exactement pourquoi, nous apparaît familière, entrant en connexion immédiate avec une part de nous-mêmes ? Comme si nous nous retrouvions, ou mieux, comme si nous retrouvions un fragment de notre intériorité qui s’était réfugié dans les méandres de notre vie et de notre esprit. Lentement, il emprunte son chemin connu de lui seul et remonte, lentement, petit à petit, sans vouloir nous effrayer. Il affleure à notre conscience encore embrumée puis s’échappe de suite pour revenir plus intense mais toujours câlin. Nous nous étonnons de sentir cette présence étrange mais cependant tellement intime. Son petit jeu subtil si empli de sens ne s’arrête que lorsque nous acceptons pleinement l’émotion engendrée et que nous la relions à notre monde mêlant perceptions et pensées.

 

 

Vous avez déjà expérimenté cette sensation, n’est-ce pas ?

 

 

Certains l’appellent « souvenir » ou « souvenance », d’autres « réminiscence » et d’autres encore « évocation » ou « mémoire ». Pour ma part, j’aime le terme « survivance » ou encore « témoin ». Parce que ces mots renferment l’impérieuse nécessité d’un futur, l’appel vers un lendemain. Le passé réside, certes, dans ce « souvenir » mais la « survivance » tend vers un principe de vie, de force. Ce « souvenir » ne pourra s’endormir à nouveau dès qu’il se sera manifesté. Il engendrera d’autres sensations, des actes, des gestes, des sourires, des recherches. Il fera agir, se remémorer. Libre, il participera à un nouvel acte créateur de sens. Indépendant, il se posera en tant que témoin du passé et témoin des possibles eux-mêmes provoqués par cette impression première.

 

C’est exactement ce qu’a suscité en moi la lecture du texte de Rilke. Pour preuve, je vous écris en ce moment et vous me lisez… Par ailleurs, lorsque vous découvrirez -ou redécouvrirez- son écrit, vous comprendrez la raison de mon énoncé et la boucle sera bouclée… Je vous laisse déguster…

 

 

 

Pour écrire un seul vers…

 

« Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin.

 

Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs que l’on voyait longtemps approcher, à des jours d’enfance dont le mystère ne s’est pas encore éclairci, à ses parents qu’il fallait qu’on froissât lorsqu’ils vous apportaient une joie et qu’on ne la comprenait pas ( c’était une joie faite pour un autre ), à des maladies d’enfance qui commençaient si singulièrement, par tant de profondes et graves transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyage qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles – et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela.

 

Il faut avoir des souvenirs

de beaucoup de nuits d’amour, dont aucune ne ressemblait à l’autre, de cris de femmes hurlant en mal d’enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient. Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups.

 

Et il ne suffit même pas d’avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent. Car les souvenirs ne sont pas encore cela. Ce n’est que lorsqu’ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu’ils n’ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n’est qu’alors qu’il peut arriver qu’en une heure très rare, du milieu d’eux, se lève le premier mot d’un vers. »

 

ADMIRABLE !  EMOUVANT ! N’est-ce pas ?

 

 

Portrait de Rilke par Helmut Vestoff

Marie-Louise Russo-Delattre

mlrussodel@yahoo.fr

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Sortie officielle le 5 décembre 2018
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Ecrit par Marie-Louise Russo-Delattre, écrivain et poète
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